Comment savoir si le turbo est HS ?

Toute personne conduisant une voiture sait que si un turbo est HS et qu’on le conduise quand même, on met gravement le moteur en danger et pire encore on se met soi-même en danger parce qu’il peut y avoir incendie. La question qu’il faut alors se poser est celle de savoir comment s’y prendre pour flairer que tel problème que l’on rencontre est bien dû au turbo et non pas à une autre cause. Heureusement, il existe des signes qui vous permettent presque avec certitude de comprendre que vous avez affaire à une détérioration de votre turbo.

La perte de puissance du moteur

Le turbo est fait pour les hauts régimes. Son rôle est de permettre à une voiture de suralimenter son moteur afin de produire une puissance pouvant atteindre le double de la capacité ordinaire de son moteur. Quand donc votre voiture peine soudain à avancer sur une côte, quand elle devient poussive au point où l’on ne puisse plus reconnaître le bolide dont vous étiez fier autrefois, cela laisse présupposer que le turbo est HS.

Car le moteur perd ainsi de puissance quand le turbo ne tourne plus à sa très grande vitesse habituelle pour aspirer et compresser de l’air à envoyer dans le moteur. Quand le turbo tombe en panne, il ne parvient plus à envoyer de grande quantité de dioxygène compressé vers le moteur. La conséquence est que le moteur manque de sa ration d’alimentation complémentaire nécessaire pour sa surpuissance.

Le sifflement au moment de la montée dans les hauts régimes

Il est normal, quand on accélère, que le turbo siffle légèrement. Cependant, quand ce sifflement commence à percer le bruit du moteur, quand il devient anormalement perceptible par rapport à l’habitude, la probabilité qu’il s’agisse d’une panne grave du turbo est élevée.

Fumée abondante et colorée

À l’heure où les voitures sont conçues pour fumer le moins possible, si la vôtre commence à fumer, c’est qu’il y a un dysfonctionnement. Si, au surplus, cette fumée prend des couleurs (notamment bleue) alors sans doute votre turbo est déjà HS. Évidemment, la première fumée ne doit pas tout de suite être traduite comme une dégradation irrémédiable du turbo, cependant, il faut demeurer en état d’alerte et aller au plus vite voir son garagiste surtout si l’émission de ces fumées est accompagnée d’autres signes comme la perte de vitesse, le sifflement ou autres signes.

L’odeur d’huile brûlée

L’habitacle d’une voiture n'est pas la cuisine d’une gargote. Quand donc cette odeur d’huile cokéfiée s’étend dans toute la voiture, il faut tout de suite penser que le turbo est endommagé. C’est toujours en effet le signal que le turbo a cassé, que l’huile à moteur a fuité.

Il ne faut surtout pas négliger le problème de l’odeur brûlée, cela vaut au-delà de la simple question de mauvaise odeur dans l’habitacle. En fait, sur certains modèles de voitures, le turbo et le moteur partagent le même système de lubrification et quand le turbo est HS, l’huile moteur fuit sur l’axe du turbo et pris dans la chaleur de la turbine, elle est cokéfiée. Le problème est que, lorsque l’huile fuit ainsi, le moteur se retrouve au bout d’un moment sans huile, ce qui entraîne son emballement. Il faut savoir que quand le moteur s’emballe il peut prendre feu.

Quand donc on constate des fuites d’huile au niveau de l’échappement ou quand l’intérieur de la voiture se remplit d’odeur d’huile, cela signifie à priori que le turbo est HS.

D’où viennent les pannes du turbo ?

Les pannes du turbo proviennent de diverses causes. D'abord, il peut s’agir simplement de corps étrangers qui sont entrés dans le turbo par exemple au moment où le compresseur aspirait de l’air. Il est fréquent que le compresseur aspire des boulots, des bouts de vis et même du sable qui exercent une grande pression sur les ailettes du compresseur. Ces dernières plient et peuvent même se rompre.

Il arrive aussi que l’axe se casse, que les débris de cette brisure soient propulsés dans le conduit d’admission et touchent le moteur.

Comment éviter que le turbo ne soit HS

Pour préserver le turbo, il faut l’entretenir. Le premier élément à prendre en compte c’est l’huile. Il faut s’assurer que l’huile utilisée pour la lubrification du turbo est d’excellente qualité. Cela signifie que vous devez veiller déjà au moment de l’achat de l’huile, que cette dernière soit déjà d’excellente qualité, et le filtre utilisé soit lui-même fiable. Il faut par ailleurs s’assurer que le conduit d’alimentation pour l’huile n’est pas engorgé ou que la pompe à huile n’est pas endommagée. Sur le chapitre des huiles, il faut ajouter qu’il faut effectuer une vidange régulière du moteur et du turbo. Il est également important de changer régulièrement les filtres à air et à huile du turbo pour le protéger de toute salissure.

Par ailleurs, il y a quelques bonnes pratiques à quelques autres mesures à prendre pour assurer une longévité au turbo.

Prévenir la friction

Le turbo tourne à une très grande vitesse et pour éviter une friction entre l’axe et les paliers, un système de lubrification est mis en place. Ce système aide également à assurer un refroidissement de la turbine, celle-ci pouvant générer une température qui atteint jusqu’à 1000°C. Si le turbo de votre voiture partage le même système de lubrification que le moteur, cela veut dire que quand votre moteur est stoppé, le turbo ne reçoit plus d’huile alors que lui continue de tourner pendant quelques minutes encore. L’huile qui se trouvait déjà sur l’axe de la turbine va alors se cokéfier et devenir un corps abrasif qui fragilisera l’axe. Ce dernier peut aussi casser simplement sous la pression de cette grande température où il se retrouve à tourner à 280 000 tours par minute, sans lubrification ni refroidissement.

Il est donc recommandé de laisser le moteur tourner quelques minutes avant de le couper quand on est arrivé à destination, pour laisser le turbo continuer de recevoir d’huile pendant le temps où il ralentit pour s’arrêter.